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Pillar — Fin de contrat

Préavis de licenciement par convention collective 2026

Durée légale, durées conventionnelles, dispense, point de départ, heures pour recherche d'emploi : tout ce qu'il faut savoir pour calculer correctement votre préavis.

Mis à jour le · Lecture 10 minutes

1. La règle légale par défaut

L'article L. 1234-1 du code du travail fixe la règle générale en cas de licenciement (autre que pour faute grave ou lourde) :

  • Ancienneté < 6 mois : durée déterminée par la CCN, à défaut par les usages.
  • Ancienneté entre 6 mois et 2 ans : 1 mois de préavis.
  • Ancienneté ≥ 2 ans : 2 mois de préavis.

Ces durées sont des minima. La convention collective peut prévoir des durées plus longues — et c'est fréquent, surtout pour les cadres.

2. Les durées conventionnelles courantes

Ordres de grandeur fréquents (à vérifier dans votre CCN) :

  • Cadres : 3 mois quelle que soit l'ancienneté (Syntec, Métallurgie cadres, Banque cadres, etc.).
  • ETAM / Techniciens-Agents de maîtrise : 1 à 2 mois selon l'ancienneté.
  • Employés / Ouvriers : 1 à 2 mois selon l'ancienneté, parfois moins (1 mois après 2 ans dans certaines CCN historiques).

Pour la durée précise applicable à votre situation, consultez votre CCN sur notre site ou utilisez le calculateur.

3. Point de départ exact du préavis

Le préavis court à partir de la première présentation par La Poste de la lettre recommandée notifiant le licenciement (article L. 1234-3). Détails à connaître :

  • Première présentation = date où le facteur sonne pour la première fois, même si vous n'êtes pas là. C'est la date du cachet de "présentation" sur l'avis de passage.
  • Pas la date d'envoi par l'employeur, ni la date où vous retirez la lettre au bureau de poste.
  • Le préavis est compté en mois calendaires (du 15 mars au 14 avril = 1 mois, pas 30 jours).

4. Dispense de préavis : qui demande quoi ?

Dispense par l'employeur

L'employeur peut vous dispenser d'exécuter le préavis (par exemple si votre poste est déjà remplacé). Dans ce cas, il doit vous verser l'intégralité du salaire que vous auriez perçu, plus toutes les indemnités qui auraient été dues (article L. 1234-5). C'est l'indemnité compensatrice de préavis.

Dispense à la demande du salarié

Vous pouvez demander à partir avant la fin du préavis (notamment pour rejoindre un nouvel employeur). L'employeur peut accepter ou refuser. S'il accepte, vous perdez le salaire des jours non travaillés — sauf accord plus favorable.

5. Heures pour recherche d'emploi pendant le préavis

La grande majorité des CCN accordent aux salariés en préavis des heures rémunérées pour rechercher un nouvel emploi. Cas typiques :

  • 2 heures par jour ouvré (cas le plus courant) ;
  • 50 heures par mois (Syntec, Métallurgie) ;
  • Ces heures sont en général prises à l'initiative alternative employeur/salarié (mais beaucoup de CCN autorisent le salarié à les regrouper en fin de période avec accord).

Si vous trouvez un emploi avant la fin du préavis, vérifiez la clause de "départ anticipé sans perte de salaire" : certaines CCN (Syntec notamment) permettent au salarié de partir dès qu'il a trouvé un emploi, en conservant l'intégralité du salaire de la période non travaillée.

6. Articulation avec les congés payés

Trois cas :

  • Congés posés et validés avant la notification : ils suspendent le préavis qui reprend après les congés.
  • Congés pris pendant le préavis avec accord de l'employeur : le préavis continue de courir (ils ne le prolongent pas).
  • Congés non pris à la fin du préavis : ils sont payés sous forme d'indemnité compensatrice de congés payés.

7. Cas particulier des faute grave / faute lourde

En cas de faute grave ou de faute lourde, l'employeur peut ne pas accorder de préavis (article L. 1234-1). Le salarié ne perçoit alors ni salaire de préavis ni indemnité de licenciement. Mais : la qualification de faute grave est strictement encadrée par la jurisprudence, et environ 60-70 % de ces qualifications sont requalifiées par les conseils de prud'hommes en faute simple — restituant alors préavis et indemnité.

FAQ — Questions fréquentes

Le préavis commence-t-il à courir le jour de la lettre ou le jour de sa réception ?
Le préavis court à compter de la première présentation de la lettre recommandée par La Poste (article L. 1234-3). Pas du jour de l'envoi, ni du jour où le salarié va effectivement chercher la lettre.
Mon employeur peut-il m'imposer un préavis plus court que celui de la CCN ?
Non. La CCN est plus favorable que le minimum légal et s'impose à lui (sauf cas particulier des ordonnances Macron — voir bloc 1/2). L'employeur peut en revanche vous dispenser de l'exécuter, à condition de payer le salaire correspondant.
Suis-je payé pendant mon préavis si je suis dispensé ?
Oui, si la dispense vient de l'employeur (vous n'avez plus à venir travailler mais vous percevez votre salaire). Si la dispense vient de vous (vous demandez à partir plus tôt), vous perdez le salaire des jours non travaillés.
Le préavis se cumule-t-il avec les congés payés ?
Non. Si vos congés étaient déjà posés et validés avant le licenciement, ils suspendent le préavis (qui reprend ensuite). Si vous prenez des congés pendant le préavis sans accord préalable, le préavis continue de courir.
Puis-je m'absenter pendant le préavis pour chercher du travail ?
Oui. La plupart des CCN accordent 2 heures par jour ou 50 heures par mois pour rechercher un emploi (rémunérées). Vérifiez l'article exact de votre convention.
Que se passe-t-il en cas de faute grave pendant le préavis ?
L'employeur peut interrompre immédiatement le préavis pour faute grave, sans indemnité ni salaire pour les jours restants. Cas rare en pratique, et fortement contesté en prud'hommes.

Pour aller plus loin

Sources officielles